Création de broderie littéraire

actu

Á venir prochainement.

A propos

L’association PERECOFIL brode depuis 1999 pour donner formes et couleurs à des textes de Georges Perec.

Pourquoi des textes ?

Pour échapper aux ouvrages de dames, coussins, mouchoirs et autres abécédaires. Par goût pour la littérature.

Pourquoi de la broderie ?

Parce que les couleurs de cotons à broder sont fixes.

Elles permettent d’établir un code pérenne, utilisable par tous et partout.

Pourquoi Georges Perec ?

Parce qu’il  a donné une forme à certains de ses textes.
En attribuant une couleur à chaque lettre de textes ainsi contraints, nous avons réalisé une œuvre à la fois plastique et littéraire.

Qui brode ?

Quiconque applique le Cahier des charges établi par PERECOFIL.
L’association PERECOFIL a été créée pour donner une existence légale à cette entreprise. Elle poursuit sa tentative d’épuisement des textes à contraintes formelles de Georges Perec. Elle organise des expositions, des ateliers et des manifestations autour de cet homme de lettres.

Comment broder ?

Au commencement, il y a la lettre.
Chaque lettre est représentée par un carré de couleur, sa graphie disparaît.
Les broderies sont réalisées au point de croix, sur de la toile Aïda 5.5.
Un Cahier des charges a été établi pour préciser les règles de composition des œuvres.
Les broderies terminées s’apparentent à certaines œuvres d’artistes modernes ou contemporains, comme Sophie Taeuber-Arp pour ses compositions géométriques brodées, Aurélie Nemours, Alighiero e Boetti, François Morellet, chez lesquels on retrouve l’abstraction géométrique, parfois un  support textile, des choix aléatoires, l’application de principes de composition et souvent un jeu avec la lettre et les mots.

ÉVÉNEMENTS

3 grands projets en 2017

Télécharger le livret présentation 8 pages

PERECOFIL s’expose

Du 10 mars au 26 avril 2015

Au Théâtre Artistic Athévains

Exposition : Points sur Perec

du 2 au 20 décembre 2014

Galerie du CROUS de Paris

Télécharger le dossier de presse

L’exposition Points sur Perec a été réalisée grâce à la générosité de :

 Jacques Adam, Annick Allaigre, Audrey Arneaudeau, Danielle Arnoux, Frédérick Aubourg, Jamila Bakhti, Julio Barrera Oro, Éric Beaumatin, Marcel Benabou, Vincent Bertheau, Véronique Berthier, Monique Boudet, Raphaëlle Boutié, Alain Catton, Blandine Chavanne, Catherine Combier, Danielle Constantin, Isabelle Dangy, Guy Desgrandchamps, Marc Desgrandchamps, Nils Detournay, Corinne Dupuy, Catherine Fouchard, Marie-Noëlle Gaudé, Jean-François Germe, Janine Germond.

Merci à tous les donateurs :

Pierre et Anne-Marie Girard, Françoise Granger, Annie Guillon-Lévy, André Jacob, Jean-Luc Joly, Roland Léthier, Alain Maharaux, Chantal Maillet, Nicolas Marang, Anne-Sophie de Monsabert, Nathalie Montel, Yan Pélissier, Paulette Perec, Elsa Pierrot, Christelle Reggiani, Véronique Reiser, Mireille Ribière, Bernard et Christiane Roland, Brigitte Ruffin, Tomas Santini, Brigitte Sion, Serge Sion, Fouad Talbi, Simone Vermot

Parcours d’art contemporain : Des Flâneurs

14, 15 et 16 juin 2014

Les travaux de Perecofil ont inspiré un projet mené dans une classe de CE1 à l’école Victor Hugo de Garges-lès-Gonesse classée Zone d’Éducation Prioritaire. Les élèves ont inventé un alphabet de couleurs : les voyelles reprennent le poème “Voyelles” de Rimbaud, la couleur des consonnes est le résultat d’un tirage au sort dans un nuancier de pelotes de laine.

A partir de cette codification, ils ont cherché des mots composés de sept lettres chacun et les ont représentés sur de grands rectangles de carton autour desquels ils ont enroulé des bouts de laine de façon à écrire ces mots en couleurs.

Grâce aux 26 mots trouvés – un mot par lettre de l’alphabet – ils ont composé une histoire, un texte sous contraintes.

Ces panneaux de laine et ce récit ont été exposés dans le parcours d’art contemporain intitulé “Des Flâneurs” les 14, 15 et 16 juin 2014, à Garges-lès-Gonesse.

Élisabeth Léthier est venue rencontrer ces élèves dans leur classe au mois de mai. En écho à leur travail, elle a proposé à chacun une grille reproduisant un poème extrait du recueil Alphabets de Georges Perec : 27 poèmes différents pour 27 élèves.

Ils ont commencé par colorier les voyelles en respectant le code couleurs dicté par Rimbaud.

Au fur et à mesure, ils ont vu se matérialiser sur la grille les contraintes d’écriture de Perec et ont pu les expliciter à l’oral.

Ce travail a permis à chaque élève de manipuler les lettres et l’alphabet, de respecter une codification précise, d’observer le texte comme un objet, de formuler des hypothèses sur les contraintes d’écriture de l’auteur et de rencontrer une forme poétique pour le moins singulière.

L’enseignante de cette classe de CE1 s’est réjouie devant l’enthousiasme des élèves et la richesse pédagogique de l’activité proposée par Élisabeth Léthier.

Lors de l’exposition de ces travaux en juin, l’Inspectrice Académique – Inspectrice Pédagogique Régionale de Lettres modernes pour l’académie de Versailles, Françoise Savine, et les conseillères pédagogiques Élisabeth Lantier et Patricia De Bock ont manifesté un réel intérêt pour cette réalisation mêlant les lettres aux couleurs et offrant des pistes pédagogiques pour l’apprentissage de la langue et l’approche des arts visuels.

Dorothée Cuny

Exposition :
sans crayon

novembre – décembre 2013

L’exposition réunit des pratiques graphiques qui n’ont pas recours au crayon.

Dans le cadre de Grafeïne, il s’agit de proposer une autre approche du dessin à travers la pratique du tissage, du collage et de la broderie.


Guillaume Abdi développe une recherche autour des notions d’hybridation, de combinaison et d’assemblage. Ainsi dans les séries présentées à la PAM, il emploie le collage pour créer des sortes de paysages abstraits.


Sophie Bazin donne à ses formes dessinées déjà expérimentées sur le papier une nouvelle densité en les tissant en perles de rocaille.


Enfin le collectif Perecofil brode des textes de Georges Perec qui obéissent à des contraintes formelles comme la disposition des lettres dans le texte. En remplaçant chaque lettre par un carré de fil coloré, les brodeuses font surgir les architectures secrètes des poèmes.

Exposition :
Perec et l’art contemporain

Mai 2010 – Galerie du CROUS de Paris

Télécharger le dossier de presse

Cahiers Georges Perec 10
Exposition :
Georges Perec – broderies littéraires

Janvier – mars 2009 – Passerelle à Dole

Exposition :

au fil, des jours

Janvier 2006 – Domicile de Corinne et Bernard Magné

Images

Outils

Le Cahier des charges définit les règles qui permettent de réaliser une broderie PERECOFIL.

Pour le Compendium de La Vie mode d’emploi, première œuvre réalisée entre 1999 et 2003, nous avions établi les règles suivantes :

Matériaux utilisés

Toile Aïda 5×5.
Mouliné 6 fils.

Points

Point de croix.
Chaque lettre est représentée par un carré de 2pts x 2pts.

Code couleur

Une couleur est attribuée à chaque lettre de l’alphabet.
– La couleur des voyelles est empruntée à Rimbaud :
« A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles, »1
– La couleur des consonnes est choisie de manière aléatoire dans un nuancier.
– La couleur jaune est attribuée au M car c’est la couleur fondamentale que Rimbaud n’a pas utilisée2.
– Les signes tels que les traits d’union, apostrophes, ponctuation, sont représentés par un carré, comme les lettres3. Ils ont tous la même couleur.
– Les chiffres sont également représentés pas un carré de couleur, ils sont tous identiques.
– Les espaces entre les mots sont laissées non brodées, elles occupent un carré de 2pts x 2pts, soit la valeur d’une lettre.

1 Arthur Rimbaud, Poésies, Voyelles, voir le sonnet entier en fin de document.

2 Sur la composition du Compendium de La Vie mode d’emploi, voir encadré en fin de document.

3 Dans la mesure où Perec les a comptés dans les 60 signes-espaces. En revanche, les guillemets (v. 22, v. 30), ont été brodés sur la moitié de l’espace qui précède et qui suit le mot auquel ils se rapportent, car ils ne sont pas comptabilisés mais figurent dans le texte imprimé.

Le Compendium, ainsi que ses traductions en anglais et en catalan, a ensuite été brodé en plus grand format (une lettre = 1 carré brodé de 4pts x 4 pts).  Le cahier des charges pour ces 9 broderies a été affiné : les signes de ponctuation se distinguent des lettres, leur surface brodée n’occupant qu’une partie du carré qui leur est réservé, différente pour chaque signe.

Les poèmes à contraintes, ne comportant ni espace, ni ponctuation dans leur version « matrice », ont simplement été brodés avec le code-couleur dans différents formats : 6pts x 6pts, 8pts x 8pts, 11pts x 11pts, 12pts x 12 pts, et 16pts x 16pts pour les plus grands.

Dans les extraits des deux romans, La Disparition et Les Revenentes, seules les lettres ont été brodées, sans espaces ni ponctuation, pour matérialiser chromatique-ment la présence ou l’absence du E.

Un second code-couleurs a été élaboré. C’est uniquement dans  le Compendium de La Vie mode d’emploi que le M a une place et une importance particulières, et doit se différencier des autres consonnes. C’est pourquoi nous avons établi un autre code-couleurs, dans lequel toutes les consonnes ont des nuances de jaune.  Les textes brodés avec ce code-couleurs sont brodés sur toile Aïda noire.

Le même poème, Rail, brodé avec les deux codes couleurs, seules les consonnes varient.

Le Compendium

Il est ainsi nommé parce que chaque vers résume un épisode du roman. Il se présente formellement en trois strophes de 60 vers chacune ; chaque vers est composé de 60 signes-espaces, si bien que chaque strophe s’inscrit dans un carré. En outre, chaque strophe est traversée par une diagonale senestro-descendante figurée par une même lettre qui se déplace d’une case à chaque vers, occupant au vers 1 la 60e place, au vers 2 la 59e …  et ainsi de suite jusqu’au vers 60 où elle se trouve en première position. Cette lettre-diagonale est un A dans la première strophe, un M dans la seconde et un E dans la troisième, soit le mot ÂME.

Voyelles

A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes : A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

Golfes d’ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles ; I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides
Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges :
– O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux !

Arthur Rimbaud

Où trouver les textes brodés ?

Poèmes

Alphabets : cent soixante-seize onzains hétérogrammatiques [1976]. Illustré par Dado. Paris : Galilée, 1985. 176 p. (tout le volume)

La Clôture et autres poèmes [1980]. Paris : Hachette, 1992.
La Clôture p. 11-27.
Ulcérations p. 57-67 (pour le texte en vers).
À Hans Dahlem p. 80.

Ulcérations,
Bibliothèque oulipienne n° 1, 1974. (pour la « matrice »).

Métaux,
Facsimile des manuscrits dans Cahiers Georges Perec n°5. Paris : Éditions du Limon, 1992, p. 156-165.

Beaux Présents, Belles Absentes. Paris : Seuil, 1994 (La librairie du XXe siècle). 90 p.
Noce de Kmar Bendana & Noureddine Mechri. p. 67-72.
(d’après la mise en forme de Rémi Schulz :  http://remi.schulz.perso.neuf.fr/perec/cone.htm)

Ô mon fjord, in  Action poétique n° 85, septembre 1981, p.77.
À la grave saison, poème inédit, in Lire  n° 197, février 1992, p. 23.
Pouce-pouce, in Bulletin du Club Français de la médaille, n° 84, 1984, p. 46-47.
(tapuscrit reproduit dans Cahiers Georges Perec n°5. Paris : Éditions du  Limon, 1992, p. 167).
Rail, in  Oulipo. Atlas de littérature potentielle. Paris : Gallimard, 1981, p. 228-229.
J’ai cru voir,  in Oulipo. La Littérature potentielle. Paris : Gallimard, 1973, p. 110.        

Romans

Georges Perec, Romans et récits. Paris : Le Livre de poche,  2002 (La Pochothèque). Édition établie et commentée par Bernard Magné. 1440 p.
La Vie mode d’emploi, romans. Ch. LI, le Compendium,  p. 946 à 952.
La Disparition.  Extrait p. 407, lignes  22 et 23 ; p. 408, lignes 1 à 11.
Les Revenentes. Extrait p. 603, lignes 1 à 12.

Univers

Bibliographie

Bernard Magné, Georges Perec, Nathan-Université, série « Écrivains » n° 237, 1999

Cahier des charges de La vie mode d’emploi. Présentation, transcription et notes par Hans Hartje, Bernard Magné et Jacques Neefs. Paris: CNRS éditions ; Cadeilhan: Zulma, 1993. 303 p. (Manuscrits)

Perec et l’art contemporain. Le Castor astral, 2010. (Cahiers Georges Perec 10)

Maryline Heck, Georges Perec : le corps à la lettre. Paris : Corti, 2012. (Les essais).

Cahiers Georges Perec n°5. Paris : Éditions du Limon, 1992.

Vous avez envie de nous contacter...